lundi 24 août 2026

The Cure, arènes de Nîmes, 24 juillet 2026

J'aurais pu évoquer le très bon concert de Massive Attack aux Nuits de Fourvière, simplement un peu gâché par les vidéos projetées en quasi continu, et qui contenaient des messages visiblement traduites par une IA moldo-slovaque analphabète (on a ainsi appris que les pays étaient tous "corruptionnés", oui oui).

J'aurais aussi pu évoquer l'excellent concert donné par Pulp au même endroit quelques jours plus tard, avec un Jarvis Cocker en forme olympique et un "Common people" final homérique.

Mais c'est avec le passage des Cure à Nîmes le 24 juillet dernier que j'ai décidé d'attaquer la rentrée du blog. On avait un espoir et une crainte avant ce concert: l'espoir d'avoir une set-list pas trop orientée "festival" (trois soirs de suite devant 11500 personnes, c'est pas un seul soir devant 40000) et la crainte d'avoir un concert un peu au rabais, du fait de l'enchaînement de ces trois concerts en trois jours alors que la moyenne d'âge du groupe ne va pas en diminuant. Spoiler: espoir comblé, crainte balayée.

Deux premières parties pour ouvrir la soirée: d'abord Zélie Zéphyr, duo nordiste mixte totalement inconnu mais dont une vidéo YouTube a tapé dans l'oeil (et l'oreille) de Robert Smith. Etait-ce le trac de jouer devant autant de monde et dans un tel lieu? Ou le fait que la nuit n'était pas encore tombée au moment de leur set? Toujours est-il que, passées les 30 premières secondes, on s'est demandé quel intérêt avait pu trouver Smithounet à ce groupe. Non pas que c'eut été mauvais, mais c'était assez quelconque, à base de loops et de vocaux très appuyés, et on ne peut pas dire que le public se soit déchaîné pour un éventuel rappel.

And Also The Trees en deuxième amuse-bouche, là ça avait déjà nettement plus d'allure. Un son de guitare fantastique, un chanteur charismatique et typiquement grand-breton (ce gilet!), des compos à l'ambiance lourde... 45 très bonnes minutes, c'est validé.

C'est à 21h25 que des bruits d'orage se font entendre, annonçant l'arrivée des Cure cinq minutes plus tard, avec un Robert Smith saluant la foule de part et d'autre et évaluant les forces en présence. Démarrage classique et puissant avec "Alone". C'est parfaitement en place, ça tombe carré, on entend (et on entendra) clairement l'apport d'Eden Gallup, beaucoup plus présent musicalement que le pauvre Perry Bamonte lors de la tournée précédente. On notera quand même que Gallup père a pris un coup de vieux, même si cela ne s'entend aucunement dans ses lignes de basse.

Ca déroule derrière avec "Pictures of you", majestueuse, puis ils jouent "High", chanson qu'ils s'obstinent à mettre dans leurs setlists alors que, franchement, ils ont fait beaucoup beaucoup mieux. "Lovesong" en quatrième position, ça calme tout de suite, avant la première surprise de la soirée avec la présence de "Catch", morceau ô combien délicat.

Le contraste est d'autant plus saisissant avec l'enchaînement "Burn" / "Fascination street" qui suit. Deux confirmations s'imposent alors: Jason Cooper est vraiment un monstre rythmique, et le temps ne semble avoir aucune prise sur la voix de Smith, toujours aussi expressive et qui parvient à atteindre les notes les plus hautes sans difficulté.

Tiens, "alt.end", oui, bon, pourquoi pas. Ah, "Push", là d'accord, là ça bastonne sévère. Et en plus, le groupe donne clairement l'impression d'être ravi d'être là, notamment le p'tit nouveau Eden Gallup, qui n'arrête pas d'aller sur le devant de la scène de son côté pour interagir avec les premiers rangs. Classe.

Smith s'empare de sa guitare électro-acoustique pour le duo "In between days" / "Just like heaven". Et pan, deux des plus grands tubes de ces 40 dernières années assénés coup sur coup. Smith annonce une chanson qu'ils ne jouent pas beaucoup, et très très très belle surprise avec "Treasure", ballade simple mais très belle extraite de Wild Mood Swings. Mais qu'entendons-nous? Un bruit de guitare électrique bidouillé sur une note? Mais mais mais? "Want"? Joie, bonheur, Jason Cooper démoniaque, c'est très très bon.

Et à partir de là, jusqu'au premier rappel c'est l'orgie. "A night like this", avec le fiston Cooper au saxophone qui nous joue le solo comme sur la version originale. "Secrets" magnifiquement exhumée de Seventeen Seconds. "Play for today" ooooooh ooooooooh ooooooh. "A forest" gargantuesque, avec un duo final Smith/Gallup dantesque. "From the edge of the deep green sea" surpuissante. Et enfin "Endsong" et ses 10 minutes de spleen total. Rien qu'avec ça, le concert aurait déjà été énorme.

Les voici qui quittent la scène. Suspense. Vont-ils déjà nous balancer le rappel pop habituel ou vont-ils nous proposer autre chose? Ce sera la seconde hypothèse: Smith annonce deux chansons "très lentes", hmm hmm... Ce sera d'abord "It can never be the same", jamais parue en album et jouée pour la première fois en 2019. Bô. Et ensuite "Faith", avec la projection en arrière-plan du prieuré de Bolton qui orne la pochette de l'album du même nom. Très bô.

Ils repartent. Ils reviennent. Et Smith de nous dire qu'ils vont nous jouer une chanson qu'ils n'ont pas jouée depuis "très longtemps". Et paf, "A letter to Elise", pas jouée depuis dix ans et, coup de bol, que j'adore. Splendide. Après ça, il fallait bien que ça arrive, le tunnel de tubes pop déboule avec "Lullaby", "Hot hot hot!!!", "The walk", "The lovecats", "Friday I'm in love", "Close to me", "Why can't I be you?" et enfin "Boys don't cry". On est partagés entre le côté "plaisir festif de fin de concert" et le côté "ah bon sang ils auraient pu jouer *insérer un titre* à la place". Mais franchement, 2h30 d'un concert d'une telle intensité, vu l'âge moyen des musiciens, c'est exceptionnel.

Encore plus exceptionnel, ils joueront également 2h30 les deux jours suivants, avec cinq modifications de setlist à chaque fois. C'est ainsi que "alt.end", "Treasure", "Want", "Secrets" et "Hot hot hot!!!" seront remplacées par "The last day of summer", "In your house", "Primary", "Never enough" et "Mint car" le 25 et par "Three imaginary boys", "Charlotte sometimes", "Shake dog shake", "Trust" et "Let's go to bed" le 26. Respect.

Le concert qu'ils donneront à Rock en Seine le dimanche 30 août sera diffusé en direct sur France 4. Même s'il y aura peut-être moins de surprises qu'à Nîmes, je ne saurai que trop en conseiller le visionnage. Ce groupe est définitivement très grand.

lundi 13 juillet 2026

Les vacances du blog

Pause estivale pour le blog, donc sauf événement intergalactique, rendez-vous à la rentrée ! Bon été à tous !

vendredi 10 juillet 2026

L'hommage du jour : Bonnie Tyler - "Total eclipse of the heart"

Bonnie Tyler nous a donc quittés hier à l'âge de 75 ans. L'occasion de réécouter son plus grand tube dans sa version originale (la version single dure 2 minutes de moins) ici. Titre écrit, composé et produit par Jim Steinman, celui qui a permis à Meat Loaf d'exister, et qui bénéficie de la participation de deux membres du E Street Band (Roy Bittan aux claviers et Max Weinberg à la batterie). Sacré casting quand même !

mercredi 8 juillet 2026

mardi 7 juillet 2026

La pépite du jour : Pixies - "Daniel Boone"

Extrait de Beneath The Eyrie, une petite merveille dont Franck Black a le secret. À écouter ici.

lundi 6 juillet 2026

La pépite du jour : Pet Shop Boys - "Always on my mind" (live)

En début d'année, les Pet Shop Boys ont sorti Dreamworld - The Greatest Hits Live, concert enregistré en juillet 2023 à Copenhague et regroupant donc tous leurs tubes. C'est très bien fichu et en voilà un extrait ici.

vendredi 3 juillet 2026

La reprise du jour : Francis Cabrel - "Lily, Rosemary et le valet de cœur" (Bob Dylan cover)

Francis Cabrel a toujours été un grand fan de Bob Dylan, lui consacrant un album de reprises traduites, de façon très convaincante, en français (Vise le ciel). Cette reprise n'y figurait pas, Cabrel l'a incluse dans un best of comme inédit. Et c'est là qu'on se rend compte du talent de conteur de Dylan... c'est à écouter ici

jeudi 2 juillet 2026

La nouveauté du jour : Graham Coxon - "Billy says"

Graham Coxon vient de publier Castle Park. Cette collection de dix chansons date de 2012 mais le retour de Blur avait rendu impossible leur publication. C'est désormais chose faite et tant mieux car elles sonnent vraiment très bien. Un exemple avec "Billy says", audible ici.

mercredi 1 juillet 2026

lundi 29 juin 2026

La nouveauté du jour : Placebo - "Bruise pristine" (Re created version)

Pour les 30 ans de leur premier album, Placebo l'a entièrement réenregistré, sous le vocable "Re created", dont un extrait peut être audible ici.

vendredi 26 juin 2026

The Rolling Stones : deux nouveaux titres

Alors que Foreign Tongues sera disponible dans 2 semaines, les Stones viennent de dévoiler deux nouveaux titres. "Jealous lover" (ici), sur lequel Jagger retrouve son falsetto d'antan, et "Divine intervention" (), bon rock 100 % stonien.

jeudi 25 juin 2026

Neil Young : un film surprise

Sans rien dire, voilà que Neil Young a mis en ligne hier "Corduroy plants", film qui correspond globalement à l'album live paru le mois dernier. La réalisation est, comme toujours avec Neil Young, un peu particulière, et c'est visible ici.

mercredi 24 juin 2026

La pépite du jour : Dire Straits - "Skateaway"

Excellent morceau extrait de Making Movies (l'expression est extraite des paroles de ce morceau d'ailleurs) et qui a des faux airs de petite soeur de "Tunnel of love", c'est à écouter ici.

mardi 23 juin 2026

Iron Maiden sans courant

En plein milieu de son concert à la Défense Arena hier (qui était capté en plus), Iron Maiden a subi, comme tout le quartier, une panne de courant d'une heure. Le concert a repris mais, couvre-feu oblige, il a été amputé de son rappel. Et Bruce Dickinson n'a pas été content, comme on le voit ici.

lundi 22 juin 2026

La pépite du jour : Supertramp - "Brother where you bound"

Titre qui donne son nom au premier album publié par le groupe suite au départ de Roger Hodgson. Composé donc par le seul Rick Davies, et bénéficiant de la participation d'un certain David Gilmour, ce titre magistral est audible ici

jeudi 18 juin 2026

Muse en concert en France

Ce sera le 27 novembre 2026 à Paris (La Défense Arena) et les 3 et 4 décembre à Montpellier (Sud Arena). Préventes sur ticketmaster.fr aujourd'hui 10h, mise en vente publique demain 10h.

mercredi 17 juin 2026

La nouveauté du jour : Eels - "Cap in hand"

Le nouvel album de Eels, Cookie Happened, sortira le 16 octobre, et un très beau premier extrait en est déjà proposé, audible ici