samedi 30 septembre 2017

Les albums à écouter une fois dans sa vie: Supertramp - Crime Of The Century


School
Bloody well right
Hide in your shell
Asylum
Dreamer
Rudy
If everyone was listening
Crime of the century

Paroles & musique: Rick Davies & Roger Hodgson.

Production: Ken Scott & Supertramp.

Durée: 44'10

Date de parution: 13 septembre 1974

Parfois, les histoires autour de la conception d'un album de référence sont tellement incroyables qu'on jurerait qu'elles ont été scénarisées à l'avance. Et pourtant...

En 1974, Supertramp a déjà deux albums à son actif (Supertramp en 1970 et Indelibly Stamped en 1971), qui se sont royalement planté dans les charts. Le groupe est emmené principalement par deux hommes, Rick Davies (piano + voix) et Roger Hodgson (guitares + claviers + voix), aussi différents que complémentaires (en tout cas pour l'instant...). Un généreux mécène, Stanley August Miesagaes (surnommé Sam compte tenu de ses initiales), est convaincu du potentiel du groupe et soutient financièrement ce dernier, notamment en leur payant des instruments et des heures en studio.

Sauf qu'après l'échec des deux premiers albums, des décisions sont à prendre. Certains membres du groupe partent d'eux-mêmes, d'autres sont congédiés par Davies et Hodgson, qui entreprennent de trouver de nouvelles recrues pour remonter une formation cohérente. De son côté, "Sam" commence à être un peu à court de liquidités et ne peut plus se permettre d'aider ses poulains, leur laissant quand même les instruments offerts.

Davies et Hodgson vont donc aller recruter des nouveaux musiciens, et là va résider la première grande qualité du futur album, à savoir qu'on va être en présence d'une formation hyper cohérente. Vont donc rejoindre Supertramp:

- Bob Siebenberg à la batterie. Un batteur précis, clair, discret, sobre, mais d'une efficacité redoutable, sachant parfaitement où et quand se placer. Son jeu peut rappeler celui de Nick Mason (Pink Floyd), à savoir pas de fioritures, de roulements de toms partout, mais une précision diabolique.

- Dougie Thomson à la basse. Là encore un musicien très précis, mais aussi très inventif, tricotant des lignes de basse particulièrement mélodiques, sans non plus jouer 120 notes à la seconde.

- et enfin John Helliwell aux instruments à vent (principalement le saxophone), aux choeurs, et aussi aux claviers sur scène. Un musicien hors pair, et surtout une personnalité avenante, joviale, qui va au fil du temps se transformer en "monsieur loyal" sur scène, dialoguant et blaguant avec le public, offrant en ce sens un contraste assez frappant avec Davies.

C'est donc ce quintet qui va entrer en studio pour enregistrer ce, n'ayons pas peur des mots, chef d'oeuvre qu'est Crime Of The Century. Deux ans se sont écoulés depuis la sortie de l'album précédent, et Hodgson et Davies n'ont cessé pendant ce temps de composer. Le résultat fait que le groupe se retrouve en présence de dizaines de morceaux déjà bien élaborés; les cinq vont en choisir huit, laissant de côté un matériel tellement riche qu'il va fournir l'essentiel des morceaux des quatre futurs albums (des choses comme "Give a little bit" ou "Breakfast in America" étaient déjà écrites en 1973...).

Supertramp et leur producteur Ken Scott vont donc passer un temps énorme pour l'époque - cinq mois! - et pour un groupe finalement peu connu à finaliser et enregistrer ces huit morceaux. A l'instar du tandem Lennon-McCartney, le duo Davies-Hodgson choisit de cosigner l'ensemble des titres, alors même que seuls deux d'entre eux - "School" et "Crime of the century", qui ouvrent et referment l'album - ont véritablement été écrits à quatre mains. Hodgson s'en mordra les doigts lorsqu'il quittera le groupe mais ceci est encore une autre histoire...

L'album s'ouvre donc sur "School". D'emblée, l'harmonica tendance "Il était une fois dans l'Ouest" instaure le climat de l'album: on va pas se marrer. Hodgson chante l'aliénation des enfants par le système éducatif anglais pendant deux couplets, puis un premier break instrumental arrive. Et c'est là où on se rend compte de la cohésion des cinq musiciens. Ce petit passage n'a l'air de rien, mais il est millimétré, avec un duo guitare/saxophone du plus bel effet. Le rythme s'intensifie avant de basculer sur un solo de piano de Davies démentiel. Ca swingue en diable, et sur le deuxième tour du solo, écoutez la ligne de basse de Dougie Thomson: on croirait entendre McCartney période Sgt Pepper, la basse fait du trampoline mélodique, c'est bluffant. Un duo voix Davies/Hodgson surgit, avant que Hodgson ne chante un dernier couplet, avec une wah-wah agressive derrière. En un peu plus de 5 minutes, Supertramp vient de faire un bond qualitatif prodigieux: impossible de reconnaître avec "School" le groupe qui offrait une musique certes bien sympathique mais un peu tiédasse encore trois ans auparavant. Pas de doute, le travail paie...

"Bloody well right", futur classique live, suit derrière, avec son intro jazzy typique du style de Rick Davies, avant des couplets franchement rock, avec accords rageurs et guitare électrique bien agressive. La première phrase fait directement écho à "School" qui vient de s'achever ("So you think you're schooling phoney"), ce qui montre bien le souci de Supertramp de livrer un album cohérent. Le refrain est en revanche très blues-jazz, avec les réponses vocales de Helliwell et consorts qiu feront un malheur sur scène, avant un final instrumental comme Davies les affectionne.

Hodgson chante "Hide in your shell" ensuite. On peut légitimement tiquer sur les paroles hippisantes, voire limite neuneus, en mode "c'est l'amour qui nous sauvera tous, aimons-nous tous , youkaïdi youkaïda". En même temps, quand on voit le mode de vie observé et les paroles écrites par Hodgson dans les années qui suivront, on se rend compte qu'il y croyait vraiment à son truc. Ceci étant, la mélodie du refrain est splendide, les arrangements instrumentaux de grande classe, et on peut remarquer le superbe jeu de batterie de Bob Siebenberg. Pas forcément difficile techniquement, mais d'une très grande fluidité.

Après un morceau d'Hodgson, on a...un morceau de Davies, c'est bien vous suivez. C'est "Asylum", pas forcément accessible à la première écoute, mais qui révèle sa puissance sur la durée. Davies se montre virtuose, sans non plus en faire des caisses (on n'a pas de solo de piano de 10 minutes), et on entend que les gars ont passé un sacré bout de temps sur les arrangements de cordes. Parce qu'il y en a de partout, et c'est pas du simple. Difficile de symboliser une chute avec des violons, et pourtant le groupe y parvient parfaitement.

Fin de la face A, nous retournons le vinyle, et là paf, une intro au Kurzweil reconnaissable entre dix mille surgit. Une voix très (trop pour certains) haut perchée se met à chanter: "Dreamer, you're nothing but a dreamer...". Hé oui, voici LE tube de l'album, et pourtant pas du tout son meilleur morceau - voire même peut-être son moins bon, c'est dire le niveau du reste. Une nouvelle fois, le travail et l'inventivité du quintet font merveille, avec plein de trouvailles sonores, sans parler d'une originalité certaine dans la composition. Les musiciens ne me contrediront sans doute pas, c'est assez rare qu'on ait une chanson en tonalité de ré majeur qui s'offre un refrain en la bémol, accord qui ne rentre pas du tout dans la gamme de ré. On a vraiment l'impression qu'Hodgson a en réalité collé deux bouts de chansons l'un avec l'autre et en a tiré le premier tube de la carrière de Supertramp. On remarquera un nouveau duel de voix entre les deux leaders, toujours un gage de dynamisme. Et pour l'anecdote, le groupe a passé des heures sur ce morceau avant de se rendre compte que la version qui sonnait le mieux était...la demo de Hodgson bricolée chez lui! La version finale du morceau emprunte donc beaucoup à sa première ébauche, ce qui est assez rare.

Davies livre ensuite SON morceau de bravoure: "Rudy, ses plus de 7 minutes au compteur, ses changements de rythme, son nouveau duel de voix sur la fin (quand la voix de Hodgson surgit, et que Davies semble lui répondre vertement, le tout sur fond de wah-wah en folie, c'est du très lourd), ses parties instrumentales... C'est de la haute voltige musicale, qui sera d'ailleurs un grand classique de leur répertoire sur scène, avec très souvent en toile de fond la caméra subjective d'un train lancé à pleine vitesse.

S'ensuit "If erveryone was listening". Coincée entre deux morceaux monstrueux, cette chanson mérite pourtant d'être redécouverte, car il s'agit certainement de l'une des plus belles signées par Hodgson. Le refrain est lumineux, avec cette dernière phrase empreinte de tristesse ("Don't let the curtain fall..." et ces quelques notes de piano qui s'égrènent...). Les paroles traitent une nouvelle fois du manque de communication entre les hommes, mais avec plus de subtilité que sur "Hide in your shell".

Après cela, le clou du spectacle. "Crime of the century". Ecrite à quatre mains, elle a nécessité des semaines de boulot à Davies et Hodgson, qui n'ont pas arrêté de la retravailler pour aboutir à ce résultat pharaonique. Les deux premières minutes posent des bases solides, en se terminant par un passage instrumental où le saxophone et la guitare s'entremêlent à la perfection. Et puis... et puis une seconde de blanc avant que Davies ne joue ce thème génialement simple au piano, mais qui se révèle d'une puissance exceptionnelle. Pourtant, on est sur du basique: la mineur / fa majeur, on a vu plus complexe comme enchaînement. Mais là, la magie opère. Siebenberg et Thomson rentrent ensuite, avec des gros coups de toms et une basse qui rentre au ralenti. Puis tout le groupe, rehaussé par l'apport de cordes, finit ensemble, Helliwell faisant pleurer son saxophone, les violons semblant happés par le néant à la toute fin...

Mais écoutez bien la toute fin... Qu'entend-on, au moment où les dernières notes s'évanouissent? Mais oui, l'intro de "School" à l'harmonica! Comme si la boucle se bouclait indéfiniment... C'est grand. Ce qui est tout aussi grand, c'est l'artwork de la pochette, avec ces deux mains agrippant une grille perdue dans l'espace... Très beau clin d'oeil aussi du groupe au verso de la pochette, avec la dédicace "To Sam". Ils savaient ce qu'ils devaient à leur généreux mécène...

On peut aussi s'amuser à noter le grand nombre de points communs entre Crime Of The Century et Dark Side Of The Moon, sorti quelques mois auparavant. Même pochette aux teintes sombres qui frappe l'esprit, mêmes thèmes abordés (la folie, la solitude, l'école, la société contemporaine aliénante de façon générale...), même construction avec l'album qui se termine de la même façon qu'il débute (ce sont les battements cardiaques chez Pink Floyd), bref la filiation, même inconsciente, est assez nette. Cela n'empêche pas Crime Of The Century d'être un disque absolument remarquable de bout en bout, construit de façon magistrale. Les huit titres s'enchaînent de façon tellement cohérente qu'on n'a absolument pas l'impression que trois quarts d'heure viennent de s'écouler.

L'album se vendra très bien, et permettra à Supertramp de poursuivre sa carrière telle qu'on la connaît. Sous cette formation, le groupe publiera quatre autres albums: deux pas mal (Crisis? What Crisis?, enregistré un peu trop vite après Crime Of The Century, et Famous Last Words, dernier disque enregistré par le quintet et qui annonce très clairement la séparation à venir), un très bon (Even In The Quietest Moments), et un qui tangente le qualificatif de chef d'oeuvre (Breakfast In America, véritable usine à tubes). Mais, et c'est suffisamment rare pour être souligné, les cinq membres de Supertramp ont toujours été d'accord sur un point: ce qu'ils ont fait de meilleur, c'est Crime Of The Century.

En guise de bonus, le management de Supertramp ne laissant rien filtrer sur YouTube, je me contenterais de vous conseiller la lecture de l'ouvrage Supertramp: la bio ultime parue en 2015, écrite par Fabrice Bellengier, et qui constitue une mine d'informations incalculable pour tout fan de Supertramp qui se respecte. A lire absolument!


vendredi 29 septembre 2017

La nouveauté du jour: Liam Gallagher - "Greedy soul"

A une semaine maintenant de la sortie de As You Were, un nouvel extrait, très Beady Eye dans l'esprit.


jeudi 28 septembre 2017

Bob Dylan: grosse sortie à prévoir

C'est le 3 novembre que sortira le 13ème volume des "Bootleg series" de Bob Dylan, consacré cette fois à la "période chrétienne" de l'artiste, soit la période 1979-1981. Encore une fois plein d'inédits (versions live, demo, chutes de studio...) répartis sur huit CD et un DVD, à voir ce que ça peut donner. A titre tout personnel, ce n'est pas du tout ma période préférée de Dylan, car sur les trois albums sortis à cette période, seul Slow Train Coming me paraît digne d'intérêt, Shot Of Love (qui contient quand même une merveille, "Every grain of sand") et surtout Saved étant vraiment très très quelconques...

Les infos concernant ce coffret sont dispos ici et un extrait est visible ci-dessous:


mercredi 27 septembre 2017

Mark Knopfler: album + tournée en 2018

Tout est dans le titre, avec comme précision que l'album devrait paraître en mars prochain!

mardi 26 septembre 2017

Noel Gallagher: la tournée et des extraits

Et hop, tournée annoncée pour l'aîné des Gallagher. Pour la France, deux dates parisiennes les 3 et 4 avril à l'Olympia et c'est tout pour le moment (à voir ici).

Et un teaser de l'album a été publié, et pas de doute, nous sommes en plein trip psychédélique. Par contre, est-ce que ça va tenir la route sur toute la durée du disque? Réponse le 24 novembre... En attendant, le teaser est par .

lundi 25 septembre 2017

Boules quies: petite publicité

Vous en avez marre des boules quies en mousse qui font mal aux oreilles, qui ne sont pas hyper hygiéniques et qui assourdissent le son des concerts de façon fort insatisfaisante? Hé bien je vous conseille les boules quies de la marque Music Safe Pro (je précise tout de suite que je n'ai aucune action dans cette entreprise, mon conseil est purement désintéressé!).

Ces boules quies sont spécialement conçues pour la musique et disposent de trois filtres permettant de filtrer plus ou moins la musique que vous entendez suivant si ce sont les basses ou les aigüs que vous voulez atténuer. Un cordon est prévu pour ne pas les perdre, ainsi qu'une petite boîte pour les transporter. Si je devais émettre une seule minuscule réserve, ce serait pour le mode opératoire pour les mettre. En effet, il faut s'aider d'un petit tube plastique, qui est bien évidemment vendu avec la chose, mais disons que si vous avez un subit besoin de boules quies en plein milieu d'un pogo, il va falloir vous en extirper pour pouvoir les mettre!

A ceci près donc, c'est vraiment un investissement hyper intéressant, surtout que le prix est tout-à-fait raisonnable, comme vous le montre ce lien ici. Pour avoir testé pendant longtemps les bouchons en mousse et être passé depuis deux ans à ce modèle-là, il n'y a pas photo. Grâce à ces bouchons, on a l'impression d'entendre un disque, et non plus une atténuation brut de décoffrage de la musique qu'on est en train d'écouter! 

dimanche 24 septembre 2017

Noel Gallagher: nouvel album en approche

Le 24 novembre exactement! Il s'intitulera Who Built The Moon et voici la pochette:


La tracklist devrait être la suivante:

1. Fort Knox
2. Holy Mountain
3. Keep On Reaching
4. It's A Beautiful World
5. She Taught Me How To Fly
6. Be Careful What You Wish For
7. Black & White Sunshine
8. Interlude (Wednesday part 1)
9. If Love Is A Law
10. The Man Who Built The Moon
11. End Credits (Wednesday part 2)

Le premier single sera "It's a beautiful world" et le père Noel étant l'invité de BBC6 lundi matin, on aura peut-être droit à une écoute du dit single...

samedi 23 septembre 2017

La pépite du jour: The Bewitched Hands - "Thank you, goodbye, it's over"

Quel dommage que ce groupe ait annoncé sa séparation en 2014! Car quelle autre formation française proposait une pop chantée en anglais (avec un léger french accent quand même...) de si bonne qualité? C'était frais, mélodique, efficace, bref tout ce qu'on demande à une chanson qui fait du bien. L'album Vampiric Way dont est tiré ce morceau est une réussite de bout en bout, avis aux amateurs!



vendredi 22 septembre 2017

La nouveauté du jour: The Killers - "Run for cover"

Leur nouvel album Wonderful Wonderful (non il n'y a pas de faute de frappe) sort aujourd'hui, et en voici un extrait. Du Killers pur jus (genre musique pour jeu vidéo de foot diront les mauvaises langues) mais ça se laisse écouter.


jeudi 21 septembre 2017

La pépite du jour: David Bowie - "Station to station"

Ce type n'était définitivement pas comme tout le monde. Alors qu'il traverse une passe plus que difficile, agrémentant sa dépression d'une consommation effrénée de cocaïne - certaines photos de l'époque font vraiment froid dans le dos -, Bowie va publier en 1976 Station To Station. Un album inclassable, à la fois rock, funk et kraftwerkien. Le disque s'ouvre par l'OVNI qui lui donne son nom. Dix minutes démentielles. Ca commence par un bruit de train qui part en vrille, puis un thème hyper répétitif (coucou Kraftwerk) s'installe jusqu'à 3'18, avant que Bowie ne se mette à chanter dessus. C'est sinueux, c'est zarbi, puis à 5'19, c'est la grande bascule. Bowie part sur tout autre chose, un espèce de tube parfait (surtout à partir de 6'00), que n'importe qui aurait gardé pour en faire un tube. Lui, non. Il le case en deuxième partie d'un morceau de plus de 10 minutes. Ca s'appelle l'originalité et l'exigence.


Paroles & musique: David Bowie.
Production: David Bowie & Harry Maslin.

mercredi 20 septembre 2017

La nouveauté du jour: Morrissey - "Spent the day in bed"

Premier single de l'album à paraître le 17 novembre prochain. Et, bon, c'est pas un chef d'oeuvre, on va pas se le cacher... Merci quand même à l'ami Bertrand pour l'info !


lundi 18 septembre 2017

La nouveauté du jour: Dhani Harrison - "All about waiting"

Après avoir pendant des années géré l'héritage paternel - qu'il peut difficilement renier au vu de la ressemblance physique et vocale! - et avoir joué dans différents groupes, Dhani Harrison tente l'aventure solo. Son premier album, In///Parallel, sortira le 6 octobre, et en voici un premier extrait, "All about waiting".


samedi 16 septembre 2017

Roger Waters en France en 2018: ça se précise!

Francis Zegut annonce sur son blog la venue de Roger Waters au printemps 2018 à Paris, Lille et Lyon. Ca collerait avec les dates australiennes et néo-zélandaises du début d'année... A suivre et à confirmer!

Metallica à Lyon: les photos

La première est de ma pomme (avant que je ne me fasse virer du haut des gradins...), les cinq suivantes sont de Olivier43, que je remercie grandement!








vendredi 15 septembre 2017

R.E.M.: réédition de "Automatic for the people"

Le 10 novembre prochain paraîtra une luxueuse réédition du chef d'oeuvre du (alors) quatuor, avec pas moins de 4 CD: l'album original, un live de l'époque, un CD rempli de demos de l'époque (la tracklist fait saliver) et un blu-ray.

Les tracklists complètes sont ici, un petit trailer de la bestiole est visible , et vous pouvez même écouter une demo d'une chanson jamais finalisée par le groupe ("Mike's pop song", tout est dans le titre!) par là-bas.


jeudi 14 septembre 2017

Metallica, Lyon, Halle Tony Garnier, 12 septembre 2017

Cela faisait très longtemps que je n'étais pas allé à un concert de grande envergure en quasi touriste. Explication: pour une raison non déterminée, je suis très longtemps passé à côté de Metallica. A part le slow qui tue "Nothing else matters", je ne connaissais l'oeuvre des four horsemen que de très loin. C'est finalement grâce à l'insistance de mon frangin (mec, si tu me lis, encore merci!) que je m'y suis mis en écoutant attentivement leurs deux albums les plus (re)connus, à savoir Masters Of Puppets et le Black Album (que je connaissais un peu quand même dans ce dernier cas). Et j'ai trouvé ça très bon, surtout Masters Of Puppets, espèce de metal progressif mélangeant le meilleur du metal et le meilleur du progressif.

Et même si, en picorant ailleurs dans leur discographie, je n'étais pas forcément autant transporté d'allégresse, leur réputation de bêtes de scène a fait le reste, et me voilà donc hier soir à la Halle Tony Garnier pour applaudir la bande à Hetfield.

J'ai raté la première partie (et d'après les avis recueillis, je n'ai pas raté grand-chose), mais on a eu droit dehors à un pompier jouant "Nothing else matters" sur le balcon de la caserne pendant qu'on faisait la queue! Très bon esprit, y compris chez les spectateurs. Des passionnés, des vrais, ayant fait pour beaucoup plusieurs centaines de kilomètres (les plaques d'immatriculation des voitures garées aux alentours ne trompaient pas), et peut-on trouver ailleurs des mecs chevelus arborant sur leur torse nu des blousons en jean datant à vue de nez des années 80 et flanqués des logos d'Iron Maiden ou de Thin Lizzy?

Scène centrale donc, la Halle est pleine à craquer, je me demande bien où je vais me placer... Mais en prenant de la hauteur, je constate que, "derrière" la scène (côté sud de la Halle pour ceux qui connaissent), il y a beaucoup d'espace, les spectateurs n'ayant pas visiblement la présence d'esprit de faire le tour de cette espèce de croix (à leur décharge, c'était beaucoup plus évident de faire le tour lorsqu'on avait vu la chose du haut des gradins). Me voilà donc dans la fosse, à environ 6-7 mètres de la scène. On peut y aller les petits.

21h15: lumières éteintes, la musique d'Ennio Morricone envahit la salle avec des images de film qui vont avec, projetées sur tous les petits cubes surplombant la salle. Ca pose tout de suite les choses. Les quatre Mets montent sur scène et attaquent d'emblée par deux extraits du dernier-né, "Hardwired" et "Atlas, rise!". Le son est énorme, mais je sors tout de suite les boules quies (alors que je suis à deux mètres de la console...) car les basses sont beaucoup trop présentes. La faute à l'acoustique de la salle certes, mais en plus quand les fréquences de basses correspondent à la double grosse caisse de Lars Ulrich et aux lignes de basse éléphantesques de Robert Trujillo, vous imaginez le carnage. Heureusement, grâce à mes boules quies "spécial musique" (je vous en parlerai plus spécifiquement un jour), j'ai l'impression d'entendre un disque - avec des basses mal réglées quand même... - et ça va nettement mieux.

Le light-show est magnifique, avec ces cubes qui vont de haut en bas, qui servent aussi d'écrans vidéos (mélange d'images en direct et d'images d'illustration), ça s'appelle une entrée en matière réussie.


"Seek and destroy et "Of wolf and man" suivent, puis arrive mon premier moment de ravissement: "Welcome home (Sanitarium)", morceau que je trouve somptueux avec ses différents mouvements et ses splendides mélodies, nous est délivré. C'est magnifique, malgré un petit plantage de Hammett sur l'intro! Il a claqué des solos de malade toute la soirée, mais là, sur un truc pas forcément hyper technique, un petit loupé qui s'entend beaucoup (à 0'42)! Il est donc humain, ça rassure...


Les musiciens, parlons-en. Hetfield, malgré un début d'embonpoint et une puissance vocale peut-être moins importante que par le passé, est un frontman de haut vol. Il arpente la scène de long en large constamment, utilise tous les micros disposés à tous les coins de la scène, dialogue beaucoup avec le public, bref c'est le patron. Trujillo a toujours cette position très particulière sur la basse, et s'il est souvent très concentré sur ce qu'il fait, il sourit aussi beaucoup au public, notamment entre les morceaux. Hammett, c'est la classe internationale. Guitariste de metal peut-être, mais hyper élégant, racé, mélodique, avec parfois des faux airs de Brian May (plus d'une fois je me suis dit "tiens, on dirait "Stone cold crazy" de Queen!), très sympa aussi avec le public. Le duo Trujillo/Hammett s'est même fendu d'une reprise du "Antisocial" de Trust pendant un intermède... Ou comment se mettre le public dans sa poche! Lars Ulrich détonne très nettement avec le reste du trio: haranguant curieusement la foule, souriant peu, il a aussi eu parfois du mal à tenir le tempo. Ca s'est entendu sur la chanson suivante, "Now that we're dead" - conclue par des solos de percus rigolos des quatre membres.

"Confusion" ensuite, et puis après "For whom the bell tolls". Et là, à partir de là, et bien que ne connaissant donc que très très peu ce répertoire, j'ai trouvé que le concert devenait énorme, à tous les points de vue. Déjà, "For whom the bell tolls", rien que le light-show mettait tout le monde d'accord.


"Halo on fire", ça c'est du lourd, et ensuite une reprise des Misfits (ça s'entendait tout de suite que c'était pas du Metallica!), la presque rigolote "Die, die my darling". Ensuite, formidable morceau avec "The memory remains" et son final taillé pour la scène.


"Moth into flame" m'a surtout marquée par une idée...lumineuse de mise en scène, avec des mini drones lumineux s'invitant au-dessus de la scène. Magnifique rendu.


Après ça, le triplé "Sad but true" / "One" / "Master of puppets". Bon ben là, y'a rien à dire, y'avait juste à en prendre plein les yeux et les oreilles.


Rappel: "Battery" pour mettre tout le monde d'accord, puis l'inévitable "Nothing else matters". Sur l'intro, Hetfield et Hammett, à l'opposé l'un de l'autre, se marchent un peu dessus musicalement, heureusement sur le solo du milieu ils corrigeront parfaitement le tir.


Le marchand de sable arrive, donc "Enter sandman" forcément. Et là, après 2h15 de show, les quatre gars vont passer dix minutes montre en main à saluer le public, à jeter les mediators non utilisés dans la foule, à discuter avec les gens, à les remercier au micro et hors micro aussi... J'avais rarement vu ça pour un groupe de ce calibre, un tel respect de son public, de la "Metallica family". Les types ont vendu des centaines de milliers de disques, remplissent les stades dans le monde entier, et pourtant on les sent heureux de jouer ensemble, heureux de jouer pour leur public, soucieux de faire plaisir aux spectateurs... Vraiment remarquable comme démarche.

Bilan des courses: Metallica n'usurpe pas du tout sa réputation de monstre scénique. Même en ne connaissant qu'une partie infime du répertoire, on ne voit pas les 2h15 du concert passer, et ça c'est extrêmement révélateur de la qualité du show!

Ste-list:
Hardwired
Atlas, rise!
Seek & destroy
Of wolf and man
Welcome home (Sanitarium)
Now that we're dead
Confusion
For whom the bell tolls
Halo on fire
Die, die my darling
The memory remains
Moth into flame
Sad but true
One
Master of puppets

Rappel:
Battery
Nothing else matters
Enter sandman

mercredi 13 septembre 2017

La nouveauté du jour: Steven Wilson & Ninet Tayeb - "Pariah"

Steven Wilson, rejeton spirituel de David Gilmour et Roger Waters (entre autres), vient de publier son nouvel album, To The Bone, qui est encensé par la critique. Plus accessible que ses prédécesseurs, l'album a été inspiré, d'après Wilson lui-même, par les albums de "pop progressive qui ont bercé son enfance", tels So de Peter Gabriel ou The Seeds Of Love de Tears For Fears. Et ça s'entend, notamment sur cette très belle ballade, qui commence normalement et qui monte en intensité jusqu'à un final assez époustouflant.

mardi 12 septembre 2017

La petite chronique du jour: The War On Drugs - A Deeper Understanding





Ca sentait l'album réussi au vu des extraits distillés depuis cet été, et ça se confirme. L'album d'Adam Granduciel et de ses copains (enfin surtout de Granduciel, qui a écrit seul 9 des 10 titres et joue 80% des instruments tout seul) est d'excellente qualité.

Commençons par les (rares) faiblesses de l'album: dommage de commencer ce dernier par son titre le moins emballant, "Up all night", qui tourne en rond sans trouver la sortie. De plus, certains morceaux se ressemblent beaucoup de prime abord, et il est difficile à l'issue de la première écoute de bien les distinguer. Mais pour le reste, c'est du très bon boulot.

Les gars ne réinventent certes rien, mais ils le font avec un talent certain. Dès le deuxième titre, l'évanescent "Pain", les War On Drugs convoquent en vrac les esprits des Cure (le son de guitare), de Springsteen (le phrasé), parfois de Dylan (les fins de phrases aigües), et l'alchimie fonctionne. Nous voilà sur une route du désert californien, le coude à la portière, les nuages défilent au loin... Bref, on y est.


S'il excelle dans ces longs titres vaporeux, le groupe est également excellent sur les mid-tempos parsemant l'album. Ainsi, sur "Strangest thing", difficile de ne pas succomber au charme du riff de guitare qui surgit à 2'40.


Il y a même un slow de l'été sur cet album! "Clean living", qui sonne carrément comme du Bryan Adams (si si, l'attaque de la voix, c'est saisissant, on a l'impression qu'il va nous chanter Robin des Bois):


Mais c'est sur les morceaux plus enlevés que le groupe excelle. On a l'impression d'entendre des gens voulant rendre hommage à leurs glorieux aînés tout en composant leur propre musique, et le pire c'est que ça fonctionne. Difficile de ne pas taper du pied à l'écoute par exemple de "In chains", qui décolle d'un coup à partir de 2'45 (oui, les morceaux sont globalement très longs):


Mais bon, LE morceau de l'album, c'est quand même "Thinking of a place", que j'avais déjà posté ici. Qui ose encore, en 2017, faire des morceaux lents de plus de 11 minutes sans sombrer dans un truc imbitable de mauvais rock progressif? Hé ben The War On Drugs. Cette chanson sonne comme une musique de film que chaque auditeur doit imaginer. C'est vraiment une pure merveille, avec des côtés Neil Young / Kurt Vile par moments, vaporeux et mélancolique juste ce qu'il faut. Une véritable réussite.


En résumé, et quand bien même on peut reprocher un manque d'originalité à la bande à Granduciel, si tous les albums possédaient cette qualité, ça se saurait!

lundi 11 septembre 2017

The Rolling Stones: début de la tournée et...

Premier concert samedi soir de la tournée automnale des Stones, ça se passait à Hambourg. La set-list est consultable ici, et elle recèle de belles surprises. Si les tubes "poids lourd" sont toujours de sortie,  ainsi que deux titres du dernier album, c'est extrêmement sympathique de retrouver des pépites moins connues comme "Play with fire" ou "Dancing with Mr. D", plus rarement jouées. Et puis c'était une excellente idée de commencer le concert par ce mastodonte qu'est "Sympathy for the devil". Sur le papier en tout cas. Car l'exécution...

Soyons honnêtes: je vénère les Stones pour les merveilleux albums et les fantastiques chansons dont ils sont responsables. Je les ai vus trois fois en concert (2006, 2007 et 2014) et à chaque fois, malgré quelques approximations richardsiennes sur certains morceaux, j'ai pris un réel plaisir à assister à ces spectacles. Mais là, non. Le solo de Keith Richards de samedi soir est tout simplement une honte, surtout quand le prix des places tourne en moyenne autour de 150 €. C'est bien rigolo de jouer au pirate foutraque, de faire des solos à la one again, mais c'est quand même mieux de caser une ou deux notes justes quand même. Là, Richards, malgré tout le réel respect que j'ai pour lui, est totalement carton rouge. Soit les Stones arrêtent, soit Jagger tourne avec d'autres musiciens et monte un Rolling Stones tribute, mais là c'est plus possible. Massacrer ainsi le premier morceau du concert, ça donne tout de suite le ton de la soirée...


La version de "Paint it black" avec le frein à main enclenché est assez intéressante aussi...



Et en plus, les Stones sont déjà annoncés en tête d'affiche du festival de Knebworth en 2018. A quoi ressemblera le solo de "Sympathy for the devil" ce jour-là???...

dimanche 10 septembre 2017

La nouveauté du jour: David Gilmour - "One of these days" (live Pompéi 2016)

En attendant la diffusion du concert au cinéma mercredi prochain, et la sortie du CD/DVD quelques jours plus tard, un aperçu plutôt alléchant de la bestiole!


samedi 9 septembre 2017

La nouveauté du jour: Jake Bugg - "How soon the dawn"

Après un premier album excellent, et un deuxième beaucoup trop disparate, Jake Bugg revient à ses premières amours acoustiques avec l'album Hearts That Strain, paru il y a une semaine. "How soon the dawn" en est le premier extrait, et sans être transcendant, ça s'écoute assez bien.


vendredi 8 septembre 2017

La nouveauté du jour: U2 - "You're the best thing about me"

Nouveau single extrait du Songs Of Experience à venir. Et si c'est ça le morceau qu'on sort en premier single de l'album - un peu le morceau-phare donc - on peut craindre légitimement le pire pour la suite. Parce que là, c'est même plus du pilotage automatique, l'avion fait carrément des ronds sur la piste et ne décolle plus. C'est passe-partout en diable, des centaines de groupes sont certainement capables de faire la même chose... Non, là, vraiment, je n'accroche pas du tout du tout...


mercredi 6 septembre 2017

Liam Gallagher: annonce du début de la tournée

L'Irlande en octobre, l'Angleterre en décembre... Ca sent le reste de l'Europe en novembre! Les premières dates sont consultables ici.
Sachant qu'il sera en concert "très très privé" avec RTL2 le 20 septembre, comme vous pouvez le constater .

mardi 5 septembre 2017

Roger Waters: la tournée 2018 se précise

Waters a en effet dévoilé les premières dates de sa tournée 2018, à savoir l'Australie et la Nouvelle-Zélande au début de l'année... L'Europe devrait donc suivre sur la période printemps-été!

Dates à découvrir ici.

lundi 4 septembre 2017

La nouveauté du jour: Starsailor - "All this life"

Après avoir cartonné dans les années 2000 (ah, ce "Four to the floor"...), les Starsailor reviennent avec un nouvel album, All This Life, et un clip du même nom. Pas désagréable, mais pas inoubliable non plus...


dimanche 3 septembre 2017

La pépite du jour: Johnny Thunders - "You can't put your arms around a memory"

Il était le disciple le plus fidèle de Keith Richards, pompant à ce dernier son look, ses riffs, et, plus embêtant, son mode de vie. Si Keith Richards, par un miracle de la nature non élucidé, est toujours de ce monde, Johnny Thunders n'a pas eu la même chance et est décédé en 1991. Après l'aventure des New York Dolls, il a publié quelques albums solo, dont le plus réussi est incontestablement So Alone (1978), qui figure régulièrement dans les classements des meilleurs albums de tous les temps. Le morceau emblématique en est ce "You can't put your arms around a memory", qu'on imagine très bien chanté par...Keith Richards!


Paroles & musique: Johnny Thunders.
Production: Johnny Thunders & Steve Lillywhite. 

samedi 2 septembre 2017

La nouveauté du jour: Etienne Daho - "Les flocons de l'été"

Premier extrait de l'album Blitz à venir cet automne. Un très joli morceau, tout en douceur, avec une production hyper léchée comme d'habitude chez Daho... De la belle ouvrage!


Paroles & musique: Etienne Daho & Fabien Waltmann.
Production: Etienne Daho & Fabien Waltmann.

vendredi 1 septembre 2017

La pépite du jour: Beck - "It's all in your mind"

La prochaine sortie de son futur album est l'occasion de se replonger dans la discographie de Beck. En 2002, ce dernier vit douloureusement une rupture amoureuse, et se livre dans un album acoustique magnifique, Sea Change, produit par l'inévitable Nigel Godrich. Au milieu de ce disque figure cette petite merveille, sur laquelle Beck chante comme rarement il l'avait fait jusqu'alors.


Paroles & musique: Beck Hansen.
Production: Nigel Godrich.