mardi 4 juillet 2023

Blur: une nouveauté et un blessé

Blur a mis en ligne un second extrait de leur album à paraître à la fin du mois, extrait intitulé "St. Charles square" et audible ici.

Par contre, Dave Rowntree (batterie) s'est blessé, résultat le concert prévu au festival de Beauregard jeudi soir est annulé, certainement pour ne pas mettre en péril celui de Wembley deux jours plus tard... Et c'est Royal Blood qui remplacera Blur pour l'occasion.

lundi 3 juillet 2023

Bob Dylan, Lyon, salle 3000, 29 juin 2023

Instant historique à titre tout personnel jeudi dernier, puisque j'allais enfin voir pour la première fois en concert Bob Dylan.

Pour resituer le contexte, je suis resté très longtemps, si ce n'est hermétique, en tout cas pas tellement concerné par l'oeuvre dylanienne. Comme tout le monde, j'avais un best of, sur lequel j'écoutais essentiellement les titres les plus connus ("Blowin' in the wind", "The times they-are-a-changin'", "Don't think twice it's all right", "Like a rolling stone" et "Knockin' on heaven's door"), mais c'était à peu près tout. Par manque de temps, manque d'envie, je restais donc très en surface de la discographie de Bob Dylan.

Et puis, il y a une dizaine d'années, est paru un coffret regroupant tous ses albums à un prix défiant toute concurrence. Et en parallèle, je faisais la découverte d'un site remarquable à consulter ici, qui regroupe tous les textes des chansons ainsi que leur traduction en français. Coffret + site = et la lumière fut.

Je me suis ainsi fait, dans l'ordre chronologique, l'intégralité de la discographie de Bob Dylan (hors tout ce qui est outtakes il faut préciser), et il m'est apparu évident que, si on ne comprenait pas les textes du monsieur, on passait totalement à côté de son oeuvre, qui est objectivement brillantissime. Alors attention hein, Dylan a aussi pondu de sombres bouses au cours de sa carrière, que ce soit des albums studio (Self Portrait, Knocked Out Loaded, Down In The Groove) ou live (At Budokan, un des pires albums live existant, Dylan & The Dead avec la participation de Grateful Dead), sans compter la période dite "chrétienne" où il nous met du Jésus à toutes les sauces (ça ne durera que trois albums heureusement). Mais si on excepte ces sorties de route, légitimes quand on a 60 ans de carrière, cette dernière est quand même stratosphérique.

Alors bien sûr, ces dernières années, la voix se fait moins assurée, les concerts sont moins longs, mais Dylan continue son "never ending tour" vaille que vaille. Et c'était donc mon premier rendez-vous avec ce qu'on appelle communément une légende vivante.

Dylan avait prévenu: il ne jouerait pas ses classiques sur cette tournée, centrant son set sur son dernier album, le très bon Rough And Rowdy Ways. Il avait aussi prévenu: pas de portables pendant son concert. De charmantes hôtesses nous enferment donc nos préciiiiiiiieux à l'entrée de la salle dans des pochettes magnétisées, et nous pénétrons ainsi "phone free" dans la salle 3000.

L'amphithéâtre n'est pas plein pour cette première date lyonnaise - il y jouait aussi le lendemain - puisque les gradins supérieurs sont clairsemés. Comme je ne savais pas si j'aurais l'occasion de le revoir un jour en concert, j'avais fait péter la tirelire et avais pris une place au troisième rang. Me voici donc au milieu de retraités - ou en passent de l'être - fans hardcore, venus d'Allemagne, des Etats-Unis et d'Angleterre, qui visiblement suivent Dylan sur toute sa tournée - sauf Montreux car "places trop chères!" - et qui connaissent chaque virgule de sa discographie par coeur. J'avais déjà vu des fans absolus à certains concerts (Indochine, Springsteen ou Depeche Mode notamment), mais là c'était du très très haut niveau. Mais, comme on va le voir par la suite, ces aficionados ont grandement participé à l'excellente ambiance qui s'est dégagée pendant le concert.

20h05: les lumières s'éteignent, un morceau classique assez grandiloquent - et non identifié - sort des enceintes, et les six musiciens prennent possession de la scène. Dylan est au piano, au centre, visage tourné vers le public. Autour de lui, et vraiment littéralement autour de lui, deux guitaristes, un multi-instrumentiste (pedal steel, mandoline, guitare, violon), un bassiste et un batteur, tous de noir vêtus.

Ils attaquent par "Watching the river flow", et là, on craint un peu le pire. Le volume du backing band est trop élevé par rapport à la voix de Dylan, qui semble bouffer deux mots sur trois, et là on se dit que le concert va être très long... Heureusement, au bout d'une minute, l'ingé son retrouve ses esprits, le son s'équilibre et le set démarre pour de bon.

Comme prévu, la prestation de Dylan sera centrée autour de Rough And Rowdy Ways, puisque pas moins de neuf morceaux extraits de cet album seront joués. L'occasion d'avoir la confirmation de la qualité de ce disque, avec des merveilles comme "Key West" ou "I've made up my mind to give myself to you". Et Dylan me direz-vous? Hé bien ce fut un diesel de 82 ans. Deux morceaux pour se mettre en place, et après il va jouer du piano debout (oui oui, comme dirait France Gall), ne se rasseyant que pour les passages instrumentaux. Une vraie énergie se dégageait de ce vieil homme, avec un jeu de piano loin d'être ridicule, et magnifiquement secondé par ses musiciens.

Parce qu'alors eux, vraiment, pardon, mais ils m'ont totalement scotché. Une unité et une cohésion extraordinaires, une capacité fantastique à apporter des nuances sur chaque chanson, une relecture plus que convaincante de certains titres ("You gotta serve somebody" en version hyper rock et débarrassée de sa production eighties, un vrai panard), bref des musiciens exceptionnels. Dylan ne s'y trompe pas, en les présentant un par un et en disant à la fin (je la fais en français): "mes chansons ne rockent pas vraiment, mais eux ils arrivent à les faire rocker, n'est-ce pas?".

Dylan était visiblement content d'être là, avec pas moins de trois "thank you" lâchés pendant le set. C'était aussi lui le directeur musical de la soirée, regardant tel ou tel musicien pour lui dire de prendre le solo ou que c'était la dernière mesure avant la fin. Le regard, parlons-en. Bien sûr, Dylan fait son âge, et il serait peut-être temps d'arrêter de se teindre les cheveux parce que ça fait un peu ridicule... Mais son regard est resté le même, et là, je dois avouer qu'avoir ces yeux bleu électriques plus que perçants à dix mètres de soi, franchement, ça fait son effet.

Le set se déroule ainsi, avec un Dylan en voix (enfin comme Dylan peut être en voix hein, on se comprend), et avec un public dans la fosse réagissant au quart de tour. Dès que Dylan s'écartait un poil du texte d'origine ou prononçait le titre de la chanson qu'il était en train d'interpréter, on entendait des "YEAH BOBBY!", "COME ON BOBBY" ainsi que de nombreux applaudissements, ce qui a eu le don de faire sourire (oui oui, z'avez bien lu) Dylan à plusieurs reprises. Pour l'anecdote, il n'a pas de prompteur, mais...un classeur avec les partitions dans des pochettes plastiques, dont il tourne lui-même les pages entre les morceaux (il a d'ailleurs bien galéré à trouver celle de "Mother of muses", mais il a quand même attaqué la chanson en chantant, jouant du piano à une main et tournant les pages de son classeur de l'autre!).

Grands moments avec "When I paint y masterpiece", "I'll be your baby tonight", "Mother of muses" ainsi que la bouleversante "Every grain of sand" (ce texte!) qui viendra clôturer cette soirée au bout d'une heure quarante-cinq minutes de concert. Les six musiciens se lèvent, sous les applaudissements nourris de la salle, les lumières s'éteignent sur la scène, puis se rallument, laissant voir les seuls instruments, Dylan et ses acolytes ayant disparu.

Avant d'aller récupérer son portable, on entend quelques discussions: les fans ultimes sont ravis, les autres beaucoup plus circonspects ("il a rien joué de connu!", "y'a même pas eu de rappel!"), bref Dylan a divisé, comme toujours ou presque. Mais quand on le voit, on a vraiment le sentiment d'être en présence d'un troubadour, qui va de ville en ville raconter ses histoires, qui a prévenu que les vieilles histoires, il en avait marre de les répéter, et qu'il ne raconterait que les nouvelles, et qui part du principe que si le public le suit, tant mieux, sinon tant pis. A l'instar de Neil Young, Bob Dylan fait d'abord de la musique pour lui, pas pour son public, et il faut le prendre comme tel.

Son concert était une parenthèse hors du temps qu'il fallait savourer: pas de portable, pas de jeu de lumière, des musiciens physiquement très proches des premiers rangs, des histoires d'un autre temps... C'était très, très beau même si je comprends parfaitement la frustration des spectateurs qui attendaient autre chose de cette soirée. Mais Dylan n'en fait et n'en fera toujours qu'à sa tête. Et quelque part tant mieux. Même si je n'entendrai probablement jamais en concert "Ballad of a thin man", "Dirge", "If you see her say hello", "Man in a long black coat" ou "Not dark yet"...

Setlist: 

Watching the river flow / Most likely you go your way and I'll go mine / I contain multitudes / False prophet / When I paint my masterpiece / Black rider / My own version of you / I'll be your baby tonight / Crossing the Rubicon / To be alone with you / Key West (philosopher pirate) / Gotta serve somebody / I've made up my mind to give myself to you / West L.A. fadeaway / Mother of muses / Goodbye Jimmy Reed / Every grain of sand

jeudi 29 juin 2023

RVG - "Midnight sun"

Attention, bombe australienne. Ce groupe totalement inconnu vient de sortir un grand disque, Brain Worms, dont "Midnight sun" est extrait. À peine une demi-heure de rock mélodique comme on l'aime, avec de vraies très bonnes chansons, des textes intelligents, le tout avec une rage subtilement maîtrisée. Sans faute du début à la fin. Bravo messieurs. 

mercredi 28 juin 2023

Lana Del Rey le 10 juillet à l'Olympia

Elle ne fait décidément rien comme tout le monde... Après avoir démarré son set à Glastonbury en retard et s'être donc fait couper le micro pour respecter les horaires des artistes qui devaient se produire après elle, voilà que Lana Del Rey annonce à la dernière minute une petite série de concerts en Europe dans les jours qui viennent. Pour la France, ce sera Paris et son Olympia le 10 juillet, mise en vente des places dans les jours qui viennent, mais pour l'instant pas de date exacte.

mardi 27 juin 2023

Elton John: dernier concert en Angleterre

Dimanche soir, à l'occasion du festival de Glastonbury, Elton John tirait sa révérence s'agissant de ses prestations sur le sol anglais. Pour l'occasion, il y a eu des surprises dans la setlist, puisqu'il a notamment démarré le concert par le "Pinball wizard" des Who qu'il n'avait pas joué depuis plus de dix ans. Et tout cela s'est terminé sur un "Rocket man" à rallonge avec feu d'artifice à gogo, et c'est visible ici.

lundi 26 juin 2023

La pépite du jour: Foo Fighters - "The teacher"

Sur leur dernier album, les Foo Fighters ont osé la chanson de 10 minutes et, très bonne surprise, ça fonctionne remarquablement bien ! À écouter ici

jeudi 22 juin 2023

Les Pretenders en France

Chrissie Hynde et ses copains seront les 19 et 20 septembre prochains à Paris (Maroquinerie). Mise en vente demain 10h.

mercredi 21 juin 2023

La nouveauté du jour : The Smile - "Bending hectic"

Nouveau titre du projet Yorke/Greenwood développé en parallèle de Radiohead. Futur album en vue ? C'est à écouter ici.

mardi 20 juin 2023

Sum 41: ultime concert en France

Les Sum 41 ont annoncé que leur prochaine tournée serait la dernière, et le hasard fait que c'est la France qui accueillera le dernier concert de la tournée européenne. Ce sera le 23 novembre 2024 à la Défense Arena, mise en vente des places assez rigolote. En effet, le 26 juin à 16h41, mise en vente de 4141 places (fosse) à 41€ pendant 41h! Mise en vente du reste le 28 juin à 12h41. 

lundi 19 juin 2023

La pépite du jour : Depeche Mode - "The sun and the rainfall"

Dès l'album A Broken Frame, le premier avec Martin Gore comme auteur-compositeur, Depeche Mode s'écartait des tubes légers tels "Just can't get enough", avec notamment cette pépite méconnue, audible ici

vendredi 16 juin 2023

Sigur Rós : nouvel album aujourd'hui

Sortie aujourd'hui de ÀTTA, le nouvel album des islandais, avec cette chanson, "Blòđberg", mise en ligne il y a quelques jours et audible ici. Joli mais faut être réveillé !

mardi 13 juin 2023

La nouveauté du jour : The Milk Carton Kids - "North country ride"

Ce duo remet au goût du jour le concept deux guitares/deux voix. S'il y a quelques baisses de régime durant leur nouvel album (I Only See The Moon), il y a aussi de réelles splendeurs, comme ce voyage dans le pays du Nord, audible ici

lundi 12 juin 2023

La nouveauté du jour : BC Camplight - "Last rotation of the Earth"

Ça vient de sortir, et ce disque est ma foi assez brillant. C'est dense, original, remarquablement bien produit, et ça s'ouvre par le morceau qui donne son titre à l'album et qui est audible ici.

vendredi 9 juin 2023

Depeche Mode : le concert du Primavera en ligne

À l'instar de Glastonbury, le Primavera met désormais en ligne plusieurs concerts donnés par divers artistes pendant la durée du festival. C'est ainsi que le concert donné par Depeche Mode est disponible en cliquant ici

jeudi 8 juin 2023

PJ Harvey: deux concerts en France

Dans la foulée de son nouvel album, I Inside The Old Year Dying, à paraître le 7 juillet, PJ Harvey a annoncé une mini-tournée européenne, qui passera par l'Olympia à Paris les 12 et 13 octobre prochains. Mise en vente des places le 16 juin à 10h et un premier extrait de l'album à écouter ici.

mercredi 7 juin 2023

mardi 6 juin 2023

Judas Priest et Saxon: deux concerts en France en 2024

Les vétérans du hard/metal seront en concert à Lyon (Halle Tony Garnier) le 5 avril et à Paris (Zénith) le 8 avril. Places déjà en vente. 

vendredi 2 juin 2023

Depeche Mode, Lyon, Groupama Stadium, 31 mai 2023

Première date française pour Depeche Mode en ce 31 mai, et c'est le Groupama Stadium de Lyon qui les accueille donc pour ce concert inaugural.

Premier constat: il y a du monde - 52000 personnes, difficile de faire plus pour un concert avec scène classique, donc non centrale. Second constat: tout comme le groupe, leurs fans ne rajeunissent pas, et les quadragénaires font crouler la moyenne d'âge. Pas sûr que la jeune génération écoute beaucoup Depeche Mode, ce qui est assez surprenant vu leur influence sur la scène electro actuelle. Mais bon, c'est comme ça, que voulez-vous y faire ma brave dame.

On trouve nos places dans les gradins, dans un virage en face de la scène. A 19h45, les Young Fathers investissent les lieux, et les quitteront à 20h10 après une petite demi-heure d'un magma sonore quasi inaudible. Dommage parce que la formation est originale, mais alors impossible de distinguer le moindre début de mélodie dans ce merdier sans nom.

C'est à 20h45 que le quatuor entre en piste, en attaquant par "My cosmos is mine", premier titre du dernier album en date Memento Mori. Deux problèmes d'entrée: d'abord, choix de morceau peu judicieux car pas connu, pas entraînant, tournant sur quasiment un seul accord...genre pour mettre l'ambiance, "Going backwards" sur la tournée précédente était autrement plus percutante. Ensuite, et surtout, on a eu l'impression que les techniciens n'étaient pas encore à leurs postes. Les écrans ne fonctionnaient pas et, surtout surtout, le son était absolument catastrophique. Là où au même endroit l'an dernier Indochine avait réussi d'emblée à trouver un son tout-à-fait acceptable pour un stade (mais on était en fosse, il faut le préciser), la musique sortant des enceintes était abominablement mal réglée, avec des basses écrasant absolument tout et tournant joyeusement en écho dans tout la stade.

"Wagging tongue" suit, mélodie entêtante, les écrans fonctionnent, on est mieux. Ou moins mal dirons-nous. Les choses vraiment sérieuses démarrent avec "Walking in my shoes", qui réveille un public jusque là un peu hébété. On note quand même que, comme au Stade de France en 2009, la scène fait un peu cheap pour un stade. Autant elle conviendrait pour une Arena, autant pour une enceinte contenant 50000 personnes, c'est un peu juste. Gahan assure toujours autant le spectacle, Gore (qui arbore une tenue étonnamment sobre!) chante toujours aussi juste aussi, à ce niveau là pas de problème.

On reconnaît ensuite l'intro de "It's no good". Joie. Mais joie de courte durée car ce fut un des pires moments auditifs de la soirée, avec des basses laminant absolument tout sur les passages instrumentaux, à tel point que le gimmick de synthé était, de là où on était, à peine audible. A se demander si Gahan n'avait pas aussi des retours pourris dans les oreilles, car sa voix a très méchamment flotté sur les couplets - seul instant du concert où on l'a senti vraiment pas à l'aise.

Très bonne surprise ensuite avec la délicate "Sister of night", qui permet aussi de reposer un peu les oreilles. Dommage de la mettre si tôt dans la setlist, elle arrive un peu comme un cheveu sur la soupe après le déluge des deux titres précédents. Bonne surprise aussi avec la relecture de "In your room", à l'intro un peu gentillette par rapport à l'originale, mais bon, on ne va pas faire la fine bouche, surtout que le son commence à s'améliorer.

C'est finalement "Everything counts", avec une intro rallongée pour l'occasion, qui va vraiment faire décoller le stade (et aussi nos plèvres respectives avec ces basses toujours surdimensionnées). Gahan assure toujours autant en meneur de revue, et arpente enfin l'avancée de la scène. "Precious" est également un gros succès populaire, même si la fosse prend la flotte à cause d'un orage qui, heureusement, ne durera pas trop longtemps.

Arrive ensuite l'horreur du concert, et c'est fort dommage car "Speak to me", qui clôt Memento Mori, est vraiment un très bon titre. Le problème, c'est qu'il est basé sur beaucoup d'infra basses. Vous me voyez venir... C'était absolument innommable, et, fort heureusement, ce fut le dernier moment du concert où le son fut lamentable. Assez miraculeusement, il est finalement devenu relativement passable pour tout le reste du show, mais alors "Speak to me", quelle épreuve...

Intermède Martin Gore ensuite. Très belle version de "A question of lust", suivie de "Soul with me" du dernier album sur laquelle le public a complètement décroché. Ca a clairement été le moment pipi/bière/whatsapp du concert, on a même entendu quelques sifflets jaillir ça et là... 

Gahan revient sur la scène avec un nouveau gilet - le vert ayant remplacé le rose - et "Ghosts again" remet tout le monde dans le sens de la marche. Futur classique du répertoire des Anglais à l'évidence. "I feel you" derrière: j'ai toujours eu du mal avec ce titre, que je qualifierais de "Personal Jesus" avec l'inspiration en moins. En plus, avec un son toujours pas terrible, c'est pas l'extase. Par contre, le light-show commence enfin à prendre une certaine ampleur.

"A pain that I'm used to", joie! Sauf que c'est toujours la version remix, qui est quand même nettement moins dark que l'originale, dommage. Case Violator ensuite avec "World in my eyes" et des photos d'Andy Fletcher projetées en arrière, très sympa.

Et alors après, ça va être du grand, du lourd, du beau. Une intro semblant échappée de "Rencontres du 3ème type" retentit, il s'agit en fait de celle complètement relookée de "Wrong", et qu'est-ce que ça envoie! Malgré un Gahan piochant sur certaines phrases, il faut le reconnaître. Et hop, un moteur qui a du mal à démarrer, "Stripped" évidemment! Light-show rougeoyant de première bourre, son enfin digne de ce nom, on est bien. "John the revelator" remet une pièce dans le juke-box tubesque avant l'inévitable "Enjoy the silence".

Et là, il s'est passé quelque chose d'incroyable. Ce morceau, entendu et réentendu des dizaines et des dizaines de fois, a conservé intacte sa grâce et son efficacité. Osons l'écrire: cette chanson est un véritable coup de génie de Martin Gore, aidé en cela par les arrangements de Wilder (la rythmique et le gimmick de guitare) et la voix de Gahan. Il y a vraiment un équilibre absolument parfait dans ce titre, et le public lyonnais ne s'y trompe pas.

Le quatuor quitte la scène, puis la réinvestit pour ce qui fut peut-être le plus grand moment du concert. Une version de "Waiting for the night" à deux voix, Gahan et Gore au milieu de la petite scène située dans la fosse. Suspension du temps pendant quelques minutes, étreinte des deux compères à la fin du titre. Bô. Très très bô.

Le contraste est un peu violent avec "Just can't get enough" qui déboule derrière et qui fait un peu tâche de gros rouge après un tel moment. Mais bon, tout le monde a la banane, c'est bien l'essentiel. "Never let me down again": bon ben que voulez-vous, c'est toujours la même chose: celui qui ne frissonne pas de tout son être lorsque 52000 personnes balancent les bras dans les airs sur le final wagnérien n'est pas humain, c'est tout.

"Personal Jesus", avec une structure enfin proche de l'originale, vient clore les festivités après 2h15 de concert. Alors oui, malgré un son calamitogène pendant une bonne partie du show, une structure scénique un peu petit bras, et un Gahan qui a parfois (mais rarement) accusé le poids des ans  (il ne finit plus torse nu!), c'était une super soirée, avec un groupe qui est quand même maintenant à la tête d'un sacré répertoire et qui l'interprète de manière irréprochable. La seule question qu'on se posait en regagnant les voitures était la suivante: les reverra-t-on un jour en concert? N'est-il pas temps de tirer leur révérence tant qu'il en est encore temps avant de faire la tournée de trop? Time will tell...

My cosmos is mine / Wagging tongue / Walking in my shoes / It's no good / Sister of night / In your room / Everything counts / Precious / Speak to me / A question of lust / Soul with me / Ghosts again / I feel you / A pain that I'm used to / World in my eyes / Wrong / Stripped / John the revelator / Enjoy the silence

Rappel: Waiting for the night / Just can't get enough / Never let me down again / Personal Jesus

jeudi 1 juin 2023

La nouveauté du jour : Noel Gallagher's High Flying Birds - "Open the door, see what you find"

C'est demain que sort le nouvel album de Noel Gallagher, et le dernier morceau mis en ligne, audible ici, semble confirmer un retour aux sources inspiré !